mercredi 25 février 2009

Cours: Initiation à la littérature médiévale - 19.01.2009

V – IX : haut MA
IX – XIV: MA central
XIV – XV: bas MA (renaissance dans l'écriture)

Les textes sont retrouvés ou bien conservés au 19ème. Il y a un réel travail d'édition et de mise en valeur. Il existe beaucoup de textes abimés, difficilement lisibles; on retrouve aussi plusieurs versions d'un même texte, ce qui est du aux copistes qui le modifient en fonction des volontés du mécène pour lequel ils travaillent. La production de l'écrit est donc totalement différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. L'intérêt se trouve dans les variations stylistiques, et non dans le respect total de l'écrit source.

* Introduction à la littérature médiévale (M.. Zink) : ouvrage sur les conditions difficiles d'écriture des copistes, etc.

On peut axer notre réflexion sur le corps. En effet, les conditions de copie sont très exigeantes (les moines sont dans des scriptoriums: froid, sièges non adaptés, lumière insuffisante...
On écrit aussi avec une plume, et on fait tourner la main sur l'auriculaire: c'est donc d'engagement physique dont il est question ici.

Textes intéressants sur le corps:
*Une histoire du corps au MA (Le Goff/Truong): le corps est représenté différemment car il n'est pas vécu de la même manière.
* La raison des gestes dans l' Occident médiéval (JC Schmidt): le corps qui fait signe.
* Iseut est-elle une vraie blonde? : article intéressant sur la blondeur au MA.

La contrainte du portrait littéraire au MA central

Le portrait littéraire repose sur des conventions, en tant qu'il est trace du beau. C'est ce qui s'inscrit dans la filiation du passé. Pourtant, on peut remarquer qu'au fil des textes, la singularité trouve sa place en s'immisçant dans ces portraits. En ce sens, l'art de la rhétorique (l'art de bien parler) va alimenter ce mouvement, grâce aux métaphores créées, aux proverbes convoqués.

- Philomena, Ovide: ce texte illustre parfaitement les lieux communs du portrait littéraire.
- Le Bel Inconnu, Renaut de Beaujeu: on note que l'ordre du portrait est bouleversé; en effet, la description s'oriente de façon particulière puisque la femme décrite est une fée (« N'avoit feme que fust el mont » / « Onques si bele el mont ». C'est l'amour qui sous-tend le portrait: le corps est fait pour séduire. Il est caractérisé par cette lumière (« enluminee » / « clarté »), et la blondeur, qui n'apparait qu'à la toute fin (rupture de l'ordre canonique du portrait) souligne l'audace stylistique du texte.

* cantique des cantiques n°4 (Bible): on peut lire ce passage (portrait canonique) :
1.Que tu es belle, mon amie, que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes,
derrière ton voile.
Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres,
suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.

2.Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues,
qui remontent de l’abreuvoir ;
toutes portent des jumeaux,
aucune d’elles n’est stérile.
3.Tes lèvres sont comme un fil cramoisi,
et ta bouche est charmante ;
ta joue est comme une moitié de grenade,
derrière ton voile.
4.Ton cou est comme la tour de David,
bâtie pour être un arsenal ;
mille boucliers y sont suspendus,
tous les boucliers des héros.
5.Tes deux seins sont comme deux faons,
comme les jumeaux d’une gazelle,
qui paissent au milieu des lis.


Meraugis de Portlesguez (Raoul de Houdenc; début du XIIIème s.): Déjà, on note que la personne décrite semble moins blonde que les précédentes. Aussi, au fil de la lecture, on remarque l'originalité qui réside dans les comparaisons inédites (Le loriot, la rose des prés, la gorge de cristal...). C'est un réel processus de création littéraire, où l'orgueil de l'écriture joue à plein. Ici s'entrelacent les conventions et les choses nouvelles et les traits stylistiques non conventionnels.
Ce processus est le signe d'un renouvellement, qui pointe la montée en puissance de la conscience de l'individualité.

Naissance de la subjectivité littéraire, Zink: évolution du sentiment d'individualité, qui avant était estompé, gommé à la faveur des modèles. Désormais, c'est l'individualité qui prime.

                                                                                                         

Source:  Travail de M. Pied - 08.02.2009 à 15h43 -

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