mercredi 1 avril 2009

Travail d'étudiant(e): Exposé: Le féminisme dans Antigone & Médée, voix


Personnage principal des deux œuvres = une femme. Auteurs leur laissent la parole en en faisant des narrateurs : elles racontent le mythe selon LEUR point de vue. Cette configuration énonciative = 1 moyen de décrire la société dans laquelle elles évoluent. Bauchau & Wolf se déclarent tous deux féministes ; FEMINISME = « doctrine qui préconise l’extension des droits et du rôle de la femme dans la société + les différentes actions qui l’accompagnent. » Dans les deux œuvres : lecture plutôt féministe des sociétés décrites, qui sont socialement et sexuellement stratifiées ; pouvoir y est essentiellement masculin. Néanmoins, Antigone & Médée n’ont pas valeur de manifestes mais plutôt de relectures qui adoptent une posture féministe. A la lecture de ces deux textes, on peut se demander dans quelle mesure ces mythes réécrits témoignent de deux conceptions du féminisme. Nous allons voir en quoi le choix de deux héroïnes féminines est caractéristique de la réécriture & de l’inscription du mythe dans une perspective contemporaine, puis en quoi ce même choix traduit deux visions particulières du féminisme, avant d’envisager les limites du féminisme de Wolf et de Bauchau.



I – LE CHOIX DE DEUX PERSONNAGES FEMININS : REECRITURE ET INSCRIPTION DU MYTHE DANS UNE PERSPECTIVE CONTEMPORAINE



1°) Des femmes libres

Elles possèdent toute deux une liberté de mouvement au début de leur histoire : elles choisissent de quitter leur ville en temps que princesse.
-->  Ismène : "La première année de ta fuite a été pour moi la plus dure".
--> C. Wolf précise dans l'article "Pourquoi Médée ?" qu'elle quitte la Clochide "avec Jason". C'est elle qui choisit de partir quand la situation ne lui convient plus. 
La liberté dans leurs comportement :
--> Antigone est la seule à remettre en cause les lois de Créon. 
Ismène "tu as osé". Antigone : "j'ai déchiré l'édit. Je l'ai brûlé" p 291. 
--> Jason explique la liberté de comportement de Médée à la fois par son origine (société matriarcale) et par sa personnalité : "Déjà sa façon de marcher..." p60. 
La liberté amoureuse :
--> Médée vit séparée de Jason et mène ouvertement sa relation avec Oistros.
--> Antigone est amoureuse d'Hémon alors que Créon n'est pas favorable à cette liaison.
 
2°) Des pouvoirs surnaturels mis au service des autres

Médée une guérisseuse aux pouvoirs convoités.
--> Elle supplante les guérisseurs de Corinthe : p 173 Glaucé a complètement intégré le discours des hommes qui l'entourent. La jalousie de Turon apparaît dans sa parole comme un « surmoi ». 
--> C'est dans un esprit de solidarité féminine que Médée aide Glaucé.
Antigone a des dons :
--> p226 "Timon pense que tu as le don de l'arc", p207 "Un nuit je vois Hémon dans son camp."
--> Elle n'est pas guérisseuse mais elle prépare les remèdes et trouve les fonds pour son hôpital. La solidarité Ismène / Antigone permet d'aider les autres.

3°) Deux personnalités qui effraient

La première phrase de Jason traduit sa méfiance : "Cette femme va être néfaste pour moi" p 51. Leukos est conscient que le double statut de guérisseuse et de femme libre de Médée va lui créer des problèmes : p. 197 "La peste s'étend. Médée est perdue", "l'assurance qui se dégage d'elle passe pour de l'arrogance aux yeux de la plupart des Corinthiens" p 205. 
Créon a peur de la relation entre Antigone et Hémon. Elle est trop libre et pousse son fils à ne pas tenir son rang (jardiner, désir de quitter Thèbes). Elle lui fait également peur lorsqu'elle remet en cause son pouvoir au début de son règne. C'est parce qu'elle est incontrôlable qu'elle doit disparaître. 




Bauchau & Wolf ont fait revivre deux personnages féminins mythologiques qui sont libres, ont des pouvoirs « extraordinaires » & sont en rupture avec la société dans laquelle ils vivent. Mais il existe de grandes différences entre Corinthe & Thèbes : cela témoigne de l’écart idéologique séparant les deux auteurs. Médée & Antigone, dans la manière dont elles sont traitées, correspondent chacune à une perception personnelle du féminisme.




II – DEUX PERSONNAGES POUR DEUX VISIONS DU FEMINISME


1°) Fonctionnement de la société et place de la femme

Thèbes & Corinthe = deux sociétés où la femme a un statut particulier ; statut qui dépend en partie de l’état & de l’organisation de ces sociétés.
Dans Médée, cela se traduit par la confrontation entre la Colchide & Corinthe (cf. article « Démythification et utopie » & l’entretien avec C. Wolf « Pourquoi Médée »).
MATRIARCAT = notion centrale = « régime d’organisation sociale dans laquelle la femme joue un rôle politique prépondérant » ( en opposition avec le PATRIARCAT = « forme d’organisation sociale dans laquelle l’homme exerce le pouvoir dans les domaines politique, économique, religieux »)
On retrouve cela dans Médée : le pouvoir se transmet en ligne utérine &, si les hommes exercent les principaux pouvoirs, leur parenté s’y transmet par les femmes.  La Colchide & Corinthe (les deux lieux où Médée a vécu) s’opposent comme l’archaïque & le moderne. Les deux cités ont connu un même état politique où les femmes jouaient un rôle prépondérant, & la différence entre les deux est l’allure + ou – rapide à laquelle elles s’éloignent de ce passé identique. Un même refoulement est à l’œuvre dans les deux mondes & déjà la Colchide n’est plus dans le matriarcat : le pouvoir masculin y est défendu comme tel, même s’il y a + de marques de l’importance sociale et politique des femmes qu’en Corinthe, où ces marques sont à l’état de traces.
   Jason, p.71 : «  A vrai dire, nous trouvions exagérée cette façon qu’avaient les Colchidiens de traiter leurs femmes, comme si qqch d’essentiel dépendait de ce qu’elles pouvaient penser ou dire ».
Comme le résume C. Wolf : ce qui est montré, c’est le passage de structures dominées par le matriarcat jusqu’à l’achèvement de la mise en place du patriarcat 
     Colchide = « ville-Etat » dans laquelle on se souviendrait encore du matriarcat
     Corinthe = entièrement vouée au patriarcat.

Dans Antigone, c’est le patriarcat qui domine à Thèbes. Société y est bcp + masculine & patriarcale que ds Médée. Le pouvoir y est également transmis par les femmes ; du temps d’Œdipe, le vrai Roi de Thèbes était Jocaste (voir p.106). Mais l’on voir que les hommes ont peur des femmes et qu’ils cherchent à protéger leur pouvoir ; d’où l’assassinat d’Antigone. Ainsi, les femmes sont totalement exclues des institutions politiques.
Néanmoins, elles ne sont ni soumises ni passives : elles agissent par des solutions alternatives et pacifiques : ex. Ismène soigne les malades & maintient l’ordre par le rire. De + les femmes se révoltent : elles refusent de laisser pourrir le corps des hommes & se révoltent à cause de la condamnation à mort d’Antigone.


2°) Place des héroïnes dans ces sociétés

Antigone & Médée : pas de réelle place dans la société. Les deux femmes sont marginales & différentes à Thèbes & à Corinthe.
Les deux femmes ne se plient pas aux règles du pouvoir : elles s’excluent en quelque sorte par elles-mêmes. Refusent de faire plier leurs idéaux à la loi commune, d’où leur assurance, qui effraie.
Antigone : tente de s’opposer à la fatalité, à l’oracle d’Œdipe quant à la mort de ses deux frères. Elle est une des seules à s’opposer à une guerre qui semble inéluctable. Mais parole vaine car peuple cautionne la guerre.
 p.289 « Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles, à son culte orgueilleux de la mort ».
Médée (cf. entretien avec C. Wolf) : ne trouve pas sa place. Personnage à la frontière entre deux époques. Quitte la Colchide parce que cette terre est en train de changer de telle façon qu’elle ne peut pas y rester. Mais à Corinthe : pas d’amélioration car là, la transformation de la société & de ses valeurs est encore + avancée. « Médée paie cher son appartenance à une culture matriarcale dans un monde qui cherche à renforcer le pouvoir des hommes & à promouvoir des valeurs masculines »  (cf. « Démythification et utopie »).
Au finale, Médée & Antigone révèlent des choses que l’on veut taire, & dans les deux sens du terme « révéler » : elles clament (ou tentent de le faire) des vérités étouffées & agissent dans la société comme des révélateurs ; tout comme en chimie, leur seule présence fait ressortir le malaise latent  ceci est particulièrement manifeste à Corinthe, où la présence de Médée faire apparaître le mécontentement & le malaise social : elle est alors prise comme bouc émissaire…


3°) Signification et résonances des autres femmes

Médée & Antigone : en marge & exclues de la société. Néanmoins, elles ne sont pas seules ni totalement isolées dans leurs cités  rôle déterminant des femmes qui les entourent :

ISMENE : belle image de femme, tant sur plan physique que moral. Dans les autres versions du mythe d’Antigone, les deux sœurs n’ont pas une relation aussi proche & fusionnelle. Donc choix délibéré de Bauchau de mettre en avant le lien très fort, quasi indestructible, qui existe entre les deux sœurs. Souvent Ismène dit à Antigone qu’elle ne lui ouvrira pas tjrs sa porte & ne la suivra pas jusqu’au bout ; mais ses actes démontrent le contraire, elle la défend inconditionnellement, même contre Créon.
En réalité, Antigone n’agit & ne réussit jamais seule : elle est tjrs assisté, le + souvent d’Ismène, par ex. lorsqu’elle taille les sculptures ou soigne les malades. Ismène = le « double bienveillant » d’Antigone. &, à la fin du livre, Antigone voit une sorte de prolongement de sa vie ds celle de sa sœur : elle la contraint de garder son enfant, elle qui n’en aura jms eu… Ainsi, Bauchau nous présente une image forte de la solidarité féminine & du pacifisme des femmes ; c’est peut-être à travers le couple Antigone/Ismène que culmine le féminisme de Bauchau. (Ce couple de sœurs s’oppose au couple  de frères Polynice/Etéocle, qui s’aiment également mais ne parviennent pas à maîtriser leurs pulsions belliqueuses).

LYSSA : à mettre en parallèle avec Ismène. Ombre qui suit Médée. Fait taire ses sentiments personnels au profit de celle qu’elle sert. Adjuvante elle aussi. Soigne Médée, la nourrit, s’occupe de ses enfants. Tout comme Antigone, Médée ne serait pas ce qu’elle est sans le concours de Lyssa. A la fin, celle-ci la suit également à travers l’exil  l’accompagne jusqu’au bout.

GLAUCE : Figure particulière. Contraire de Médée, leurs différences sont particulièrement remarquables. Totalement aliénée à elle-même, alors que Médée est farouchement libre. Elle est LA figure du passage au patriarcat, fait taire ses propres envies au profit du respect de la volonté des hommes, & voir Médée transgresser la met hors d’elle. En effet, Médée concrétise tt ce qu’elle, n’ose. Glaucé sert en partie à faire ressortir les caractéristiques de Médée, le contraste aidant à mettre ces-dernières en valeur.

AGAMEDA : le modèle qui a compris le fonctionnement de la société patriarcale & a su l’utiliser à ses propres fins. Elle aussi est en contraste avec Médée, mais ds une opposition + frontale ; C’est la « traîtresse » des Colchidiennes, apporte une nuance à l’image dominante de la femme véhiculée dans le roman puisqu’elle, elle trahit sa patrie & en quelque sorte sa solidarité féminine envers les femmes.





III – LES LIMITES DU FEMINISME



1°) Des femmes qui connaissent malgré tout des fins tragiques

Elles sont en décalage avec leur société et c'est la mort ou l'exil qui les attend. 
--> « situations-miroirs » : opposées avec le début. Elles ne sont plus libres. Médée est bannie, Antigone est menée de force à la grotte (entrées libres / sorties forcées).
Antigone, lorsqu'elle agit librement, est toujours encadrée par des hommes :
--> Vie indépendante / maison trouvée par Etéocle
--> Entrée au Conseil / introduite par Thymos
--> Se déguise en homme / sur les ordre de son frère
--> Du tribunal à la grotte tous attendent Hémon : image du prince charmant ?
Pour Médée il n'y a pas de retour en arrière possible. C. Wolf explique le passage au patriarcat par une amélioration des conditions économiques. Corinthe est juste plus avancée.



2°) La violence des hommes a raison de la spiritualité féminine

Finalement, force physique & force du pouvoir ont raison de la femme libre. Mais c’est parce qu’elles refusent d’abdiquer & de céder à Créon qu’Antigone & Médée sont contraintes à l’exil ou à la mort.
Leurs idéaux & revendications ne triomphent pas : c’est la loi des hommes qui l’emporte, énoncée par Créon.
La force physique, on le voit, est + puissante, dans chacun des deux romans, que la spiritualité. Antigone ne parvient pas à stopper la guerre, malgré ses bonnes paroles & ses appels à la sensibilité & à l’amour de ses frères : le combat triomphe de ses tentatives de restaurer la paix.
De même, Médée est contrainte d’arrêter d’exercer ses dons de guérisseuse à cause de la puissante rumeur répandue par Agaméda sur le pseudo meurtre de son frère.
Même si Bauchau & Wolf mettent en avant une certaine supériorité féminine & un important pouvoir en la possession des femmes, ils « relativisent » en montrant que, malgré tout, la société étant ce qu’elle est, la femme libre et, en quelque sorte, militante, est + ou – condamnée à céder au pouvoir des hommes, ou à fuir.


3°)Finalité du féminisme à l'œuvre

L'insurrection d'Antigone est positive et s'inscrit dans une visée à long terme. Elle refuse d'entraîner Ismène dans sa folie : protéger Ismène, c'est assurer la continuité de la lignée.
C. Wolf n'a pas une vision idéalisée du féminisme : le retour au matriarcat n'est pas souhaitable. Les femmes sont aussi capables de violence : mort d'Absyrtos + supplice de Turon. 







Antigone & Médée sont clairement marqués par une perspective féministe ; cela est dû en partie au choix de deux personnages féminins, ms surtt à la manière dt leur rapport à la société est présenté. Elles sont « marginalisées » ds leur époque. La perspective féministe ns amène à ns interroger sur la place que pourraient avoir ces femmes ds notre société actuelle ; ls deux auteurs signifient-ils que nos sociétés n’ont pas tant évolué que cela ds leur intégration sociale & économique de la femme & ds ls rapports entre ls sexes ? Bauchau & Wolf n’apportent pas de réponse définitive sur ce point, ms ils ns interrogent & suggèrent un questionnement. L’image de Médée est particulièrement intéressante quant au processus de diabolisation de la femme qui s’est mis en place progressivement au Moyen-Âge : son itinéraire ds le roman n’évoque t’il pas celui de la femme ds l’histoire, du matriarcat aux tribunaux de sorcellerie ?
 


COMMENTAIRES ET AJOUTS SUITE AUX CONSEILS DE MME ESSEIN :


Au vu du plan proposé par Mme Essein, nous nous sommes rendues compte que nous n'avions pas formulé clairement que les deux œuvres ébauchaient une contre-proposition aux sociétés qu'elles dépeignaient, une sorte de société alternative utopique rêvée par les deux héroïnes, ouvrant ainsi des pistes de réflexion aux lecteurs...
L'on voit par exemple se dessiner un autre type d'hommes à travers les figures d'Oistros, de K et de Main d'or : en effet, ceux-ci ne sont pas dans une relation d'opposition ou de domination. Les femmes prennent beaucoup de plaisir à être avec eux : c'est le cas de Médée lorsqu'elle se trouve avec Oistros. Elle nourrit pour lui un réel amour fondé sur l'égalité. On ne peut pas dire qu'elle n'aime pas Jason, mais l'on sent que cet amour ne peut s'épanouir pleinement, peut-être parce que Médée et Jason n'ont pas du tout la même vision de la femme et du couple, en tous cas parce qu'ils ne sont pas dans un échange égalitaire et sain? Antigone est également particulièrement attachée à « cet autre type d'hommes » : à K et à Main d'or et elle souffre réellement et se sent abandonnée, désorientée lorsque le premier s'en va. 
D'autre part, les œuvres semblent proposer d'autres modèles sociaux, notamment à travers l'image de la solidarité féminine. Ceci est particulièrement manifeste en ce qui concerne la communauté de Circé et celle de Médée et Lyssa. Ce sont de vraies contre-proposition, alternatives à la marche inexorable des sociétés vers un « patriarcat absolu », mais elles ne sont pas valables car les femmes sont alors recluses et malheureuses. Elles ont malgré tout besoin des hommes. Dans les communautés de femmes, celles-ci deviennent marginales à plusieurs, et Wolf de soutenir que ce n'est pas un idéal.
        Enfin, l'une des principales lacunes de notre exposé est que nous ne nous sommes pas assez penchées sur les valeurs spécifiquement féminines portées par les héroïnes des deux romans. Parmi ces valeurs, l'on peut voir que la force et la violence ne prédominent pas et qu'au contraire, la douceur et la dérision prennent le dessus. Par exemple, Ismène arrive à faire fonctionner l'hôpital en riant avec les personnes : ses méthodes sont plus humaines que celle de Main d'or. D'autre part, les femmes sont plus attachées à la spiritualité que les hommes. Elles privilégient l'abstrait, la magie, les dons, la voyance... au concret, au visible et la la force. Ces valeurs font peur aux hommes et la spiritualité d'Antigone et de Médée peuvent expliquer que ces personnages aient traversé les siècles, car elles suscitent des réflexions universelles et intemporelles. Ainsi, c'est peut-être leur spiritualité qui permet aux héroïnes de ne pas disparaître dans la mort : leurs voix ne s'éteignent pas et arrivent jusqu'à nous. Antigone ne s'éteint pas grâce au chant d'Io et Médée porte le germe d'une réflexion qui va être portée par le lecteur. L'on voit ici l'importance du relai de la voix (des femmes).


En ce qui concerne le féminisme des auteurs, nous en avons parlé mais avons oublié quelques points importants. Par exemple, dans les choix significatifs dans la réécriture du mythe, l'on remarque que Bauchau présente une Antigone androgyne. Elle s'oppose à Médée qui accepte de vieillir. Antigone ne semble  pas assumer sa féminité pleinement. Bauchau ne va pas jusqu'au bout du choix de l'héroïne féminine. Ainsi, peut-on dire que son œuvre a une visée moins féministe que celle de Wolf ?
En ce qui concerne Christa Wolf justement, l'on peut noter qu'elle oriente ses chapitres en fonction des épigraphes qu'elle place à leur tête. Elle montre ainsi sa pensée et propose une réflexion qui va être porté par le lecteur. Bauchau, quant à lui, n'explicite pas le fait que sa relecture se veut plus ou moins féministe. Le texte liminaire de Médée, voix est rédigé à la première personne du pluriel, ce qui englobe le lecteur et le met en lien avec les personnages mythologiques. 
Finalement, l'on peut affirmer que Bauchau n'est pas féministe mais plutôt spiritualiste, quelque peu machiste mais pas misogyne. Dans Antigone, l'on peut le voir à travers la figure de Jocaste, qui est à la fois une présence bienveillante et une image de femme dans l'ombre de son mari. La nourrice de ses enfants "était la seul, avec le devin, à savoir que le vrai roi de Thèbes était Jocaste" (p 106). Si elle est le vrai roi, pourquoi ne gouverne-elle pas aussi ? Peut-on parler d'une réécriture de l'adage "derrière chaque grand homme, il y a une femme"?..

                                                                                                         

Source:  Travail d'Adéa Gobin Gonzalez et Marine Faye - 01.04.2009 à 12h42 -

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